Nous nous adressons a Dieu dans nos prieres


«Je lève mes yeux vers les montagnes ... D’où me viendra le secours? Le secours me vient de l’Éternel, qui a fait les cieux et la terre

Psaume 121:1 et 2


de Thomas Schaff
(Traduction française de Marcel Ngué)

© Thomas Schaff Tous droits réservés
Toutes citations bibliques sont tirées de la version de la Bible Louis Segond de 1910


Cher Lecteur,

Dans l'Epître aux Galates, chapitre 4 et au verset 6, nous lisons: «Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos coeurs l'Esprit de Son Fils, lequel crie: Abba! Père!» Ce verset nous apprend que Dieu le Saint-Esprit prie à Dieu le Père par l'intermédiaire de Ses enfants. Dieu prie à Dieu par l'intermédiaire de Ses enfants! Quelle conclusion ahurissante! Et c'est cela la prière: c'est que Dieu donne à Ses enfants le désir de prier, Sa propre capacité de prier, et Ses propres mots à utiliser. Dieu amène Ses enfants à comprendre la raison pour laquelle ils doivent prier, Il donne à Ses enfants la puissance spirituelle pour prier, et Il les amène à comprendre les questions spirituelles qui façonnent leurs prières. Dieu les a créés, et les a sauvés pour d'innombrables raisons, et l'une d'entre elles est pour prier.

D'après ce verset, nous apprenons aussi que le Saint-Esprit crie «Abba, Père!» par l'intermédiaire de Ses enfants. C'est cela aussi la prière: c'est que Dieu amène Ses enfants à L'invoquer comme leur Père, vers qui ils veulent s'approcher et à qui ils désirent tant confier les secrets de leur coeur. Le Dieu Créateur Tout-Puissant veut que les pécheurs se rassemblent autour de Lui comme Ses chers enfants qu'Il reçoit avec joie. Dieu amène Ses enfants à reconnaître leur besoin et à se réfugier auprès de Lui parce qu'ils savent qu'Il est suffisamment tendre et aimable pour vouloir les secourir. Dieu pousse Ses enfants à Le chercher aussi simplement parce qu'ils L'aiment et ils veulent être auprès de Lui en réponse à l'amour dont Il les a couvert.

Les prières sont ce à quoi Dieu S'attend de la part de Ses enfants. Leurs prières Lui font plaisir, et Le rend heureux. Il a adopté des gens pour être Ses enfants afin qu'ils L'invoquent dans la prière. Si, en tant que l'un de Ses enfants, vous L'aimez, ne devriez-vous pas vouloir Lui donner ce qu'Il veut le plus? Si vous êtes l'un de Ses enfants, vous devriez prier. Vous devriez vous sentir contraint de prier. Cela devrait vous donner beaucoup de joie que de prier. Dans cette optique, nous vous présentons dans ce livret des principes afin de vous encourager à prier avec intelligence, hardiesse, et joie.

Thomas Schaff


La prière constitue une moitié d'un entretien avec Dieu

Dieu parle à Son peuple à travers la Bible. Le peuple de Dieu parle à Dieu à travers la prière. Par conséquent, la prière est la moitié d'un entretien spirituel entre Dieu et Son Peuple. Ce principe nous permet de mieux comprendre la nature de la prière.

Bien que la prière soit un entretien avec Dieu, elle est tout à fait différente d’une conversation ordinaire entre deux personnes. Nos prières ne sont pas simplement une conversation informelle et polie, car dans la prière, nous ne faisons pas simplement passer la journée à jaser, à bavarder sans cesse pour le simple plaisir de parler, jusqu’à ce que nous trouvions quelque chose de mieux à faire. Il faudrait retenir une chose: il ne s’agit pas d’une conversation entre deux êtres qui seraient sur le même pied d’égalité. La prière est le reflet de ce qu’une créature dit à son Créateur. Cet entretien a lieu entre un pécheur et un Dieu saint. Même ceux qui sont sauvés ont des corps qui sont attirés par le péché qu’ils combattent pendant toute leur vie, même pendant le temps qu’ils réservent à la prière.

Cependant, ces réalités ne découragent pas les enfants de Dieu. Les croyants ont plutôt la motivation de parler à Dieu pour plusieurs raisons. Ils croient que Dieu les écoute, qu’Il est «attentif à la voix de leurs prières» (Psaume 66:19). Ils croient qu’Il les comprend, qu’Il «compatit à leurs faiblesses» (Hébreux 2:11 à 14; Hébreux 4:15 et 16). Ils croient qu’Il peut réellement apporter des solutions à leurs problèmes, s’Il le veut (Psaume 115:3; Psaume 135:6; Matthieu 8:2). Ils croient qu’Il veille «sur chacun de leurs cheveux» (Matthieu 10:30 et 31), et qu’Il veut toujours faire ce qui est mieux pour Ses enfants (Luc 12:29 à 32; Éphésiens 1:5).

Des idées erronées sur la prière

Malheureusement, de nombreuses personnes ont des idées erronées au sujet de la prière. Quand les gens ignorent ou comprennent mal ce que dit la Bible au sujet de la prière, quand les gens fondent leur pensées sur la superstitition, sur le mysticisme ou sur toute autre philosophie humaine, ils cessent de prier, ou bien ils ne prient pas comme Dieu le veut. Il est donc important de considérer, pour les mettre de côté, certaines idées erronées sur la prière.

La prière en elle-même n’a pas de pouvoir surnaturel. Tout pouvoir vient de Dieu. Il est le Dieu suprême, le Dieu souverain. Il a la sagesse et le pouvoir de faire toujours ce qui Lui plaît, peu importe ce qui est dit dans nos prières. Nous ne devons donc pas penser que les prières en elles-mêmes peuvent changer les circonstances. Les prières ne changent absolument rien. Seul Dieu peut changer les choses.

La prière n’est pas un rituel mystérieux à travers lequel celui qui prie aaatteint un niveau supérieur de sanctification. Nous ne devons pas penser que la prière est comparable à une incantation magique, ou une invocation enchanteresse à travers laquelle celui qui prie s’élève à un plus haut niveau de conscience. En elles-mêmes, les prières ne purifient pas ceux qui les récitent. Elles ne transforment pas le coeur et l'âme de ceux qui prient. Dieu seul peut les transformer.

La prière n’est pas une activité religieuse qui impressionne Dieu de façon particulière. Il est une chose: quand les gens prient, ils ne doivent pas penser qu’ils font une faveur à Dieu. Dieu n’a pas besoin de leurs prières. C’est plutôt eux qui ont besoin de prier. Par ailleurs, quand les gens prient, ils ne doivent pas se féliciter pour ce qu’ils font, comme si leurs prières leur procuraient un crédit ou un mérite quelconque. Quand les gens recherchent des louanges des autres à travers les prières qu’ils font, c’est toute la récompense à laquelle ils peuvent s’attendre (Matthieu 6:5). Plus grave encore, quand les les gens cherchent la faveur de Dieu pour leurs prières, ils pratiquent un évangile fondé sur les oeuvres.

Il importe aussi de mentionner que de nombreuses personnes embrassent la notion que la prière a très peu de valeur. Pour eux, prier n'a pas beaucoup de puissance, et constitue donc une dernière cartouche qu’on peut utiliser, lorsque rien d’autre ne marche. C’est la position de ceux qui comptent plus sur eux-mêmes, et qui donnent plus d’importance aux choses terrestres qu’à Dieu et aux choses célestes.

Il importe de rappeler que la prière constitue une conversation qu’on a avec le Dieu Tout-Puissant. Nous ne devons pas nous attendre à ce que les paroles prononcées par les hommes aient un pouvoir spécial ou une valeur spéciale. Et elles n’en ont pas. De même, nous devons admettre que seul Dieu détient toute la sagesse et tout le pouvoir susceptibles de satisfaire aux besoins de ceux qui prient. Et Il le fait.

En raison du fait que les hommes sont pécheurs, l'égotisme, l'inclination à tout centrer sur eux-mêmes, les désirs mondains et la confiance en soi, inondent leur esprit et leur coeur, et déforment le sens qu’il faudrait donner à la prière. Par conséquent, pour donner à la prière toute sa dimension et sa clarté, nous devons mettre de côté toute idée centrée sur l’homme et sur les choses terrestres.

L’attitude idéale qu’on doit avoir pendant la prière

Quand nous prions, ce que nous pensons au fin fond de nos coeurs, au sujet de Dieu, au sujet de nous-mêmes et des autres, est plus important que ce que nous disons à Dieu, plus important que la façon dont nous le disons. Comme dans tout ce que nous faisons dans notre vie, y compris lorsque nous prions, nos intentions devraient avoir plus d’importance que ce que nous faisons. Il en est ainsi, parce que la raison pour laquelle nous faisons quelque chose est plus importante que ce que nous faisons. Si nous prions en ayant une bonne attitude, nous pouvons être sûrs que nous prions comme Dieu le veut et qu’Il va nous écouter (Jérémie 29:12 et 13). A cet effet, nous allons jeter un bref coup d’oeil sur certaines qualités que nous devons avoir, à savoir l’amour, l’humilité et la foi.

L’amour

La prière s’enracine dans l’amour, l’amour de Dieu pour Son peuple et, en retour, l’amour du peuple pour Dieu (Psaume 116:1 et 2; Éphésiens 2:4, 5 et 18. I Jean 4:19). Quand un homme n’est pas sauvé, il est l’ennemi de Dieu. Il s’achemine vers l’enfer, et il mérite que la colère de Dieu s’abatte sur lui, comme elle s’abattra certainement sur tous les croyants à la fin des temps. La peur et la haine envahissent le coeur de tous ceux qui s’attendent à un tel destin. Mais le coeur de ceux qui font partie du peuple de Dieu vibrent sur une longueur d’onde tout à fait différente. Ils possèdent un amour qui leur a été donné au moment où ils ont été sauvés, un amour pour Celui qui, pour les épargner du séjour en enfer, n’a même pas épargné Son propre Fils. Par dessus tout, la prière est le résultat provenant d'un coeur qui aime Dieu, pour tout ce qu’Il est et pour tout ce qu’Il fait aux pécheurs et pour les pécheurs (Jean 3:16; Romains 5:8; Romains 8:32).

L’amour qui lie Dieu à Son peuple explique beaucoup de choses sur la nature de la prière. Voyons pourquoi il en est ainsi en posant les questions suivantes: «Comment vous sentiriez-vous, si celui que vous estimez être votre ami ne veut même pas vous adresser la parole, et il n’a aucune envie d’écouter ce que vous voulez lui dire? A quel genre de relation a-t-on à faire dans ce cas? Une telle personne se comporterait-elle comme on serait en droit d’attendre d’un ami?» Ce genre d'amitié n'est certainement pas une relation basée sur l’amour. Un échange réciproque est tout à fait normal entre deux personnes qui prétendent se soucier l’une de l’autre. Dans le même ordre d’idées, la conversation est quelque chose de normal entre Dieu et celui qui prétend être Son ami (Jean 15:13 à 15; Jacques 2:23). Ce dialoque est en fait nécessaire pour maintenir une amitié solide et dynamique, marquée par l'amour.

Si nous considérons la prière du point de vue assez simple d'une conversation entre amis, nous allons nous sentir plus à l’aise quand nous nous rapprochons de Dieu. Quand nous nous posons des questions sur la prière, nous devons comprendre qu’il ne s’agit pas de chercher le secret de quelque rite mystérieux. Plutôt, nous, les croyants, nous devons nous adresser à Dieu, comme à quelqu’un qui aime nous écouter, parce qu’Il nous aime. Dieu est disposé à nous écouter, peu importe ce que nous avons à Lui dire, peu importe le moment où nous voulons le dire. C’est ahurissant!

L’humilité

Les êtres humains sont des créatures, des créatures tout à fait dépendantes, qui existent et continuent à exister seulement parce que Dieu les a créés et les maintient en vie. Il est étonnant de constater que la poussière de la terre qu’est l’homme peut avoir une conversation avec le Dieu Tout-Puissant (Genèse 2:7; Job 10:9; Job 21:15). Par conséquent, celui qui prie doit le faire en toute humilité devant un tel Créateur très Puissant (l'Apocalypse 4:11; l'Apocalypse 5:12), et il doit être conscient de la personne qu’il est, et qui Dieu est.

Non seulement les êtres humains sont-ils de simples créatures, ils sont aussi des créatures méchantes et rebelles. Le fait que Dieu veut que les pécheurs Lui parlent est une grâce. Les prières de ceux-ci devraient normalement être renvoyées vers eux comme des feuilles mortes soufflées par le vent. Heureusement, les choses ne se passent pas de cette façon, car Dieu entend les cris du pécheur qui se repent (Luc 18:13 et 14), ce qui est merveilleux. Par conséquent, celui qui prie doit être plein d’humilité et de modestie (I jean 1:8 et 9).

Les hommes doivent adresser leurs prières à Dieu, en toute humilité, tout en reconnaissant qu’ils sont Ses créatures. Ils dépendent de la sagesse et de la puissance de Dieu à qui ils parlent. Les croyants doivent prier avec un coeur contrit, tout en reconnaisant qu’ils sont des pécheurs. Avant d’être sauvés, ils méritent la condamnation. Après avoir été sauvés, ils continuent à lutter contre les désirs malsains de leur corps charnel. Ils sont limités à la fois dans leur corps et leur esprit. Ils sont physiquement et spirituellement faibles. Ils dépendent de la miséricorde et de la grâce de Dieu à qui ils adressent leurs prières (Ésaïe 57:15). Par conséquent, l’humilité doit nécessairement aller de pair avec la prière.

Les croyants savent que Dieu est leur Père céleste, et qu’ils sont Ses enfants. Par conséquent, lorsqu’ils s’adressent à Lui, ils s’attendent à une réponse empreinte d’amour, pleine de compassion et d'une grande valeur. Ils ne doivent jamais oublier d’où ils viennent et ce qu’ils sont intrinsèquement, sans leur Sauveur Jésus-Christ. Les croyants ne doivent jamais oublier que la Bible les compare, avant qu’ils ne soient sauvés, aux mendiants assis sur le bord du chemin, dans la poussière de la terre, portant aux mains une assiette vide (Luc 16:20; Luc 18:35 à 42). La situation spirituelle des pécheurs qui ne sont pas sauvés n’est pas du tout différente de celle d’un mendiant qui doit crier pour demander de l’aide, et qui n’a pas le droit d’être entendu ou de recevoir quoi que ce soit de la part de Celui vers qui il crie. Les croyants ne doivent jamais nourrir la supposition qu’avant d’être sauvés, leurs prières obligeaient Dieu à les écouter et à les bénir. Les croyants doivent retenir ce principe que, si Dieu le veut, Il va apporter une réponse à la prière d’un pécheur, mais il faudrait bien qu’Il le veuille. La seule obligation que Dieu a est celle qu’Il s’impose Lui-Même. S’Il accepte de condescendre à celui qui invoque Son nom, c’est parce qu’Il a décidé de le faire, en suivant Sa volonté. Les croyants doivent se rappeler qu’ils étaient, autrefois, des pécheurs non-sauvés qui, comme des mendiants ayant des mains vides, imploraient Dieu pour qu'Il leur accorde n’importe quelle grâce qu'Il aimerait bien leur accorder. C’est un héritage qui doit rappeler à tous les croyants, lorsqu’ils adressent leurs prières à Dieu, qu’ils ne sont pas en mesure de satisfaire eux-mêmes à leurs besoins, ni mettre fin à leur dépendance chronique par rapport à Dieu dont ils attendent la grâce. C’est aussi un héritage qui devrait rappeler, aux croyants qui prient, qu’en eux-mêmes, ils ne méritent pas que Dieu leur accorde Son attention, et que ce n’est qu’au nom du Seigneur Jésus-Christ qu’ils parviennent à se faire écouter.

Néanmoins, la conscience que quelqu’un a de son inaptitude ne devrait pas lui enlever l’envie d’adresser Sa prière à Dieu. Les gens qui s’éloignent de Dieu, parce qu’ils reconnaissent qu’ils ne sont pas dignes d’être Ses enfants, font preuve d’une rébellion basée sur l’orgueil. De tels gens souhaiteraient être plus dignes qu’ils ne l’ont jamais été, et ils sont embarrassés et soucieux du fait qu’ils ne se trouvent pas au niveau où ils veulent se mettre. Au lieu de s’approcher de Dieu avec un coeur humble et contrit, ils se lamentent de n’avoir pas atteint, d’eux-mêmes, le niveau de sainteté auquel ils aspiraient. En revanche, une personne qui est réellement humble va se soumettre à l’appel de Dieu l’invitant à venir au nom de Jésus. Il va reconnaîtra qu’en lui-même il ne mérite rien, mais Jésus mérite tout et que Jésus a, à travers Son sacrifice, préparé le chemin qui mène au Père céleste (Hébreux 4:15 et 16). Un croyant se réjouit du fait que Dieu veut entendre ses prières et qu’Il prend plaisir à accorder les richesses de l’Évangile à ceux qui viennent auprès de Lui avec un coeur contrit (Jean 6:37).

Nous devons mentionner en passant que, bien que la Bible parle de la prière comme étant un sacrifice qu’on offre (Psaume 141:1 et 2; Hébreux 13:15), cela ne signifie pas que les gens doivent se faire des louanges après avoir prié, comme s’ils avaient fait quelque chose d’important. Ils ne doivent pas non plus s'apitoyer sur eux-mêmes, comme s’ils s’étaient reniés eux-mêmes, en passant leur temps et en déployant leur énergie dans la prière, au lieu de poursuivre leurs affaires personnelles. Il n’y a pas de place, pendant la prière, ni pour l’orgueil, ni pour l’apitoiement sur son propre sort (Jacques 4:6; I Pierre 5:6 et 7). En fait, il s’agit là d’attitudes malsaines qui bloquent les échanges entre l’homme et Dieu (Psaume 66:18). Dire que la prière est comparable à un sacrifice revient à dire que la prière est l’un des services que tous les croyants doivent normalement rendre à Dieu (Romains 12:1 et 2).

La Foi

Luc 18 aux versets 1 à 8, est un passage intéressant et édifiant en ce qui concerne la prière. Nous n’allons pas analyser toute cette parabole, mais sa conclusion, présentée sous forme de question, nous aide à comprendre le commandement de Dieu qui nous pousse à prier. Jésus avait commencé à enseigner qu’il faut prier en utilisant au départ une parabole, et en terminant par une question sur la foi. La conclusion qu’il faut tirer est que la foi est la racine de la prière. Il serait, en effet, tout à fait absurde de prier quelqu’un pour solliciter son assistance, si nous savons d’avance qu’il ne pourra pas nous aider. Pourquoi prier si nous savons que ceux à qui nous adressons la prière n’ont aucun égard pour nous, si nous ne croyons pas qu’ils soient capables de faire quoi que soi, même s’ils en avaient la volonté? Nous devons nous comporter comme cette femme dont Jésus parle dans la parabole. Autrement dit, nous devons faire confiance à Dieu, et Le considérer comme notre Défenseur. Nous devons croire qu’Il a à la fois la volonté et les moyens de nous aider en cas de besoin.

Le principe que la foi est la base de la prière est souligné dans l’Épître aux Thessaloniciens. Les croyants de l’Église de Thessalonique étaient des gens qui avaient “gardé la foi au milieu de toutes sortes de persécutions et de tribulations qu’ils avaient à supporter”. (I Thessaloniciens 1:4). Nous lisons aussi dans I Thessaloniciens 5:17, que les Thessaloniciens avaient eu l’instruction de «prier sans cesse.» Le message qui se dégage de ce verset est que les Thessaloniciens devaient continuer à chercher Dieu pendant qu’ils enduraient les tribulations. Ils priaient Dieu en pleine période de tribulations , non pas parce que cela leur donnait de nouvelles forces sur le plan psychologique, pour qu’ils puissent faire face aux souffrances que leur infligeaient les méchants, mais parce qu’ils croyaient que Dieu avait la volonté ainsi que les moyens de leur venir en aide pendant cette période de détresse, peu importe la situation dans laquelle ils se trouvaient. Ils avaient confiance en ce que Dieu avait fait pour eux dans le passé, en ce qu’Il était en train de faire pour eux dans le présent, et en ce qu’Il pourrait faire pour eux en ce jour glorieux où Il viendra les rassembler autour de Lui. Par conséquent, ils s’étaient tournés vers Dieu pour Lui confier leurs soucis dont Il s’est occupé, et Il a géré les évènements dans le monde en faisant en sorte que Sa volonté soit faite.

Nous devons, à ce niveau, dire quelque chose au sujet de la patience, qui va de pair avec la confiance. Dieu répond à Son peuple avec magnanimité. Dieu répond aussi au moment qu’Il juge opportun. Celui qui prie pourrait se demander: «la personne pour laquelle j’ai prié pendant si longtemps quand pourra-t-elle être sauvée? Pendant combien de temps dois-je encore lutter contre mon problème?» Dieu ne révèle pas Son calendrier pour ce qui est de l'exécution de la réponse parfaite qu’Il entend donner aux prières de Son peuple. Ceux qui adressent des prières à Dieu doivent attendre, sachant qu’Il les a écoutés, comme Il l’a promis, et qu’Il apportera le meilleure réponse possible à leurs doléances. Le fait que ceux-ci attendent n’est pas du tout un signe d’oisiveté de leur part, car ils doivent, pendant ce temps, continuer à prier et à servir Dieu au fur et à mesure qu’Il leur révèle Sa volonté dans la Bible (Jean 15:7 et 8). Cependant, ils ne doivent pas continuer à prier ou à servir Dieu comme s’ils voulaient attirer Son attention ou L’amener à agir comme ils le veulent. Plutôt, ils doivent prier pour communiquer avec un Dieu qu’ils aiment et à qui ils font confiance, en sachant que tout va finalement bien se terminer (Romains 8:28).

Il est communément enseigné que Dieu répond aux prières des chrétiens de trois façons: «oui,» «non,» et «attends.» Cette liste semble en effet envisager toutes les possibilités. Mais on peut décrire la manière dont Dieu répond à nos prières d'une toute autre façon, et cette description révèle mieux l'attitude de notre foi.

On peut dire que Dieu n'a que deux réponses aux prières des chrétiens, l'une d'entre elles étant «oui.» Par là, nous entendons que Dieu dirige les évènements dans la vie d'un chrétien de sorte que ce qui a lieu s'accorde parfaitement avec les désirs qu'il a exprimés dans ses prières, confirmant ainsi qu'il a prié selon la volonté de Dieu.

Une deuxième réponse pourrait être celle-ci: «J'ai prévu quelque chose de mieux.» Lorsque le chrétien se met à prier, il ne connaît pas souvent tous les détails, et ainsi il ne sait pas ce qui est mieux pour lui. En plus, son raisonnement souffre parfois d'une certaine déformation à cause des désirs coupables de la chair. A cause de cela, et pour bien d'autres raisons, les chrétiens ne prient pas toujours selon la volonté de Dieu. Cependant, au lieu de souligner les défauts des prières des chrétiens en disant que des réponses possibles de la part de Dieu sont «non» et «attends,» nous ferons mieux de souligner la manière intelligente et capable dont Dieu prend soin de Son peuple en disant qu'une réponse à nos prières pourrait être: «Même si tes prières ne s'accordent pas parfaitement avec Ma volonté, je connais les désirs et les besoins réels de ton coeur, et je vais subvenir à ces besoins d'une manière infiniment au-delà de tout ce que tu demandes ou penses» (Ephésiens 3:20). Cela exprime les réponses de la part de Dieu à nos prières d'une manière positive, et nous donne à la fois beaucoup d'espoir. L'essentiel est que les chrétiens peuvent avoir confiance en le fait que lorsqu'ils prient, leurs efforts faibles et mal adressés ne constituent pas un entrave au plan ou aux efforts de Dieu en leur faveur. Ils savent que Dieu ne les bénit pas en fonction de l'importance de leurs faibles prières. Ils savent que ce qu'ils reçoivent comme réponse à leurs prières est selon Sa sagesse et Son amour.

La prière naît d’un coeur qui a confiance à l’enseignement de la Bible, qui reconnaît que Jésus a préparé le chemin qui mène au Père, et qui croit qu’au nom de Jésus les pécheurs peuvent s’approcher avec assurance du trône de la grâce (Romains 5:10; Jean 14:13 et 14; Jean 15:16). La prière se poursuit avec un coeur qui croit à la Bible, qui reconnaît que les pécheurs qui sont sauvés sont les bienvenus auprès de Dieu fait tout ce qui est bien pour eux, à sa manière et au moment qu’Il juge opportun (Hébreux 4:16; Hébreux 11:6).

Des observations importantes au sujet de l'origine de la prière

L’accent que nous mettons sur l’amour, à l’humilité et sur la foi nous amène à réfléchir sur l’origine de la prière. Galates 5:22 à 23, déclare que l’amour, l’humilité et la foi sont les fruits du Saint-Esprit. Il s’agit de trois fruits qui, parmi d’autres, nous sont octroyés quand nous sommes sauvés. Il s’agit d'attitudes du coeur qui découlent du plan de salut de Dieu, et qui caractérisent ceux qui sont en Jésus. Autrement dit, la prière est normale uniquement chez celui qui est sauvé, parce que la prière va de pair avec le salut.

Il importe de noter que la prière n’est pas une création humaine. Elle n’est pas non plus quelque chose que nous désirons naturellement. Par contre, la prière est quelque chose qui vient de Dieu (Ésaïe 57:19). Autrement dit, Dieu doit créer, dans notre coeur, le désir, la volonté et les paroles auxquelles nous avons recours dans notre prière. Sans l’intervention de Dieu, nous n’aurions aucun désir de prier, ni la sagesse de prier comme nous devrions normalement le faire.

Il est vrai que l’invitation à prier, qui se trouve dans de nombreux passages de la Bible, est un commandement de Dieu. Mais le commandement de prier ne peut être entendu et mis en praqique que par ceux qui ont des oreilles pour entendre, et un coeur pour obéir à la Parole de Dieu. Une vie de prière est le résultat du travail que Dieu a effectué dans le coeur d’une personne, comme c’est le cas de tous les autres actes de foi qui caractérisent les vrais croyants (Hébreux 10:22).

Ceci dit, nous pouvons continuer en soulignant que la prière fait aussi partie du processus à travers lequel Dieu accorde les bénédictions liées à l’expiation de Jésus à à la vie des Siens. Non seulement les gens prient-ils parce qu’ils sont sauvés, mais ils le font parce que Dieu a, au préalable, fléchi leurs coeurs pour qu’ils puissent prier pour leur salut. Les pécheurs qui ne sont pas sauvés sont morts spirituellement, et ils n’ont ni la capacité ni le désir de solliciter la miséricorde de Dieu. Mais, il y en a cependant qui arrivent à le faire. La raison est qu'à mesure que Dieu attire à Lui un pécheur têtu et rebelle, Il fléchit son coeur pour qu’il puisse Lui adresser des prières et solliciter Sa miséricorde. Nous ne pouvons pas disséquer le processus de salut et examiner chaque maillon de la chaîne séparément. Rien de visible, y compris la prière, ne peut nous indiquer à quel moment une personne a pu être sauvée (Jean 3:8). La façon et le moment où Dieu donne une nouvelle vie à quelqu’un est une oeuvre spirituelle que Lui seul comprend. Cependant, nous pouvons dire que le désir de parler à Dieu vient de la grâce souveraine de Dieu, et fait partie du processus à travers lequel Dieu attire les gens à Son Royaume.

Le fait que la prière est un don de Dieu nous aide d'une manière importante. Si l’envie de négliger la prière nous gagne, si nous n’avons aucune envie de prier, la solution est: «il faut prier.» Nous voulons dire, à travers ce conseil qui semble bizarre, que, puisque Dieu seul peut nous offrir le don de prier, et puisque Dieu seul peut fléchir nos coeurs et créer en nous le désir de Lui parler, nous devons Lui demander de nous donner cette capacité et ce désir. Si nous ne savons même pas comment commencer à prier, nous devons crier vers Dieu pour Lui demander de nous donner la grâce de prier, parce que l’origine de la prière est entre Ses mains.

Parlons maintenant brièvement des prières faites par les non-croyants. Dieu entend-Il et répond-Il aux sollicitations de ceux qui ne sont pas sauvés, aussi mal inspirées et peu motivées que soient leurs prières? Dans un sens, la réponse à cette question est «Oui.» S’Il n’écoutait pas et s’Il ne répondait pas aux prières des non-croyants, aucun d’entre nous ne pourrait être sauvés, parce que tous les chrétiens sont non-croyants avant d’être sauvés. Ce n’est que lorsque Dieu crée, chez les non-croyants, le désir d’implorer la miséricorde de Dieu, et ce n’est que lorsque ceux-ci commencent à croire en Jésus et à Le considérer comme leur Sauveur et leur Seigneur que ceux-ci commencent à prier comme Dieu le recommande. Dans un autre sens, la réponse à cette question est aussi: «Non.» Dieu n’est pas obligé d’écouter ni de répondre aux prières des non-croyants qui sont méchants, têtus et égoïstes et, la plupart du temps Il ne les écoute pas. Selon Psaume 66:18, Proverbes 28:9, Ésaïe 1:15, Jérémie 14:2, Jacques 4:3, pour ne citer que ces quelques versets, Dieu n’écoute pas et ne répond pas aux prières de ceux qui comptent sur eux-mêmes et qui aiment défier la volonté de Dieu. Au nombre de ceux-ci figurent les membres des églises qui formulent leurs prières tel que Dieu le recommande, mais qui ne viennent pas auprès de Dieu avec un coeur brisé et contrit.

Et pourtant il y a la grâce. Il faut de la grâce pour se faire entendre. Quelle merveille qu’au milieu de la rébellion que les hommes mènent en toute haine contre Dieu, Dieu réussit tout de même à attirer certains vers Lui et à transformer leurs esprits et leurs coeurs pour qu’ils apprennent à dialoguer humblement avec Lui (Actes 9:3 à 9).

La valeur personnelle de la prière

Colossiens 3:1 et 2, demande à ceux qui font partie du peuple de Dieu de s’affectionner «aux choses d’en haut,» où Christ est assis à la droite de Dieu, et de tourner le dos aux choses terrestres. A cet effet, l’une des valeurs suprêmes de la prière est qu’elle fixe l’esprit et le coeur de quelqu’un sur Dieu. Dans une prière honnête, un croyant concentre sa méditation sur la Personne à laquelle il s’adresse. Il trouve la bénédiction dans la prière, quand les images qui reflètent les avantages et les inconvénients du monde s'effacent dans son esprit au moment où il s’adresse à Dieu. Il trouve la bénédiction dans la prière quand, en parlant à Dieu, il se rend compte qu’il est vain pour l’homme de compter sur lui-même, et il prend conscience de la dépendance de l’homme sur Dieu en toutes choses. Il trouve la bénédiction dans la prière quand, en parlant à Dieu, il refoule les mauvaises pensées qui envahissent si facilement son esprit, et quand il se met à mener une vie plus pieuse et plus saine. Il trouve la bénédiction dans la prière, quand en s’adressant à Dieu, son coeur se rapproche de son Sauveur et Son Seigneur qui l'aime (Ésaïe 26:2; Philippiens 4:8 et 9).

Cependant, la prière n’est pas une ruse psychologique qui viserait à faire que les gens aient de meilleures pensées et, par conséquent, aient une meilleure opinion sur eux-mêmes et sur le monde. Il importe de se rappeler que toute la sagesse et toute la puissance reviennent à Dieu, à telle enseigne qu’un esprit qui est branché sur Dieu espère et attend les bénédictions qu’Il peut lui offrir. Ceux qui prient pensent à quelque chose qui est vrai à propos du Dieu auquel ils s’adressent. Ils savent que Dieu est sage et capable de tout faire avec perfection. Ils savent que c’est Son bon plaisir de faire tout ce qui est bon pour ceux qui sont Ses enfants. Au lieu de passer tout leur temps à méditer sur les problèmes qui envahissent leurs esprits et étouffent leur espoir, les croyants se rappellent que Dieu est assis sur le trône, Il entend leurs prières, et Il fait tout parfaitement, à Sa manière, en Son temps (Matthieu 6:24 à 34). La prière apporte surtout la paix et la consolation dont jouissent ceux qui abandonnent leur propre sagesse et leur propre force, et qui prient que Dieu gère entièrement leurs esprits et leurs coeurs au moment où ils font face aux épreuves et aux péchés personnels.

La prière a aussi une valeur réelle, parce qu’elle aide les vrais croyants à croître dans la grâce. Bon nombre des choses que Dieu fait au sein de Son peuple pour renforcer leurs caractère et les aider à se conformer à Sa Parole, sont faites à Sa discrétion, sans que quelqu’un d’autre, en dehors de Lui-Même puisse en être au courant. Nous savons néanmoins qu’à la longue, à travers les actions précises et concrètes liées à l’étude biblique et à la prière, les enfants de Dieu commencent à montrer les fruits merveilleux de l’oeuvre que Dieu a réalisée en eux. Dieu utilise les prières de ceux qui font partie de Son peuple pour façonner leurs vies de telle sorte qu’elles puissent se conformer à Sa volonté et la réfléter. Ce changement constitue une valeur de plus de la prière.

La prière est un outil entre les mains de Dieu

Dieu n’a pas besoin des prières de Son peuple pour faire Sa volonté. En fait, Il a fait et continue à faire plusieurs choses sans que celles-ci soient motivées par les prières de Ses enfants. Par exemple, Il a créé l’univers sans que cette oeuvre soit soutenue par la prière de qui ce soit. En plus, personne ne peut faire une prière assez intelligente et susceptible de faire que ce système merveilleux maintienne son équilibre, et fonctionne parfaitement à tous les niveaux. Cependant, selon Sa Sagesse, Dieu a décidé d’utiliser le dialogue qu’Il entretient avec Son peuple pour accomplir Sa volonté, particulièrement Sa volonté pour le salut. Comme un Père qui prend plaisir à encourager son enfant, aussi faible et empoté que soit cet enfant, Dieu a choisi de faire naître, dans le coeur des Siens, le désir de prier pour que Sa volonté se fasse, et Il a choisi de répondre à leurs prières. De part Sa volonté et Sa grâce souveraines, Dieu a décidé qu’Il n’accomplira pas Son plan de salut sans tenir compte des prières de Son peuple (Apocalypse 8:3 et 4).

Peut-être pouvons-nous mieux comprendre cette dimension de la prière en la comparant à la méthode d’évangélisation que Dieu utilise. Comme en toutes choses, le plan de salut de Dieu est entièrement géré par Lui. Il n’a pas besoin de la participation de Son peuple pour évangéliser le monde. Mais, pour exprimer l’amour qu’Il a pour Son peuple, Il les associe à la joie qu'apporte l’évangélisation. Pour exprimer l’amour qu’Il a pour Son peuple, Il oeuvre avec eux dans les champs à mesure qu'ils plantent et arrosent, Il effectue l'oeuvre de la moisson. Dieu est suffisamment sage et puissant pour faire Sa volonté sans les prières et les efforts de Son peuple. Mais, Il a suffisamment d'amour pour utiliser avec patience les outils que sont les prières de Son peuple et la prédication qu’ils font pour construire Son Royaume et pour préparer le monde pour Son retour.

Cependant, nous ne devons pas penser que Dieu est obligé d’apporter le renouveau en guise de réponse à une campagne dans laquelle de nombreuses personnes prient avec persistance pour une oeuvre puissante de la part de Dieu. Il est vrai que les enfants de Dieu doivent prier, parce que Dieu répond aux prières qui reflètent les désirs provenant du coeur de ceux-ci, comme nous le lisons dans Psaume 37 au verset 4. Cependant, ce que ce verset veut réellement dire, c’est que Dieu donne à Ses enfants un coeur qui désire Sa volonté, et ensuite Il exauce ce désir. Autrement dit, Dieu répond toujours aux prières qui sont en accord avec Sa propre volonté. Un zèle fervent, même s’il s’applique à une cause apparemment bonne, ne remplace pas la connaissance de la volonté de Dieu. Par conséquent, au lieu d’insister sur le fait qu’ils éprouvent un désir saint, ils peuvent s’attendre à ce que Dieu fasse ce qu’ils Lui ont demandé dans leurs prières, ceux qui prient doivent toujours se poser des questions sur la volonté de Dieu. «Que ta volonté soit faite» est plus qu’un appendice pieux qui doit accompagner la prière. Il s’agit, en fait, d’une reconnaissance adéquate et sincère que Dieu est plus intelligent, et que certaines choses qu’Il peut faire vont constituer une surprise pour Son peuple. La volonté de Dieu se fait toujours, et c’est ce que souhaitent réellement les enfants de Dieu.

La forme de la prière

Généralement, quand les gens se posent des questions au sujet de la prière, leurs questions concernent les aspects techniques sur la prière. Par exemple, «Comment prier? Quels mots utiliser? Pendant combien de temps faut-il prier? Quand prier? Où prier?» De telles questions sont à propos, mais elles ne doivent pas faire en sorte que nous nous intéressions tellement au côté technique de la prière que nous arrivons au point ou ces questions étouffent la joie qu’on éprouve en parlant à Dieu, ce qui pourrait paralyser ensuite la motivation de prier.

Cependant, s’il est vrai que les enfants de Dieu prient par amour pour Dieu, ¼.s’il est vrai que ceux qui prient respectent Sa souveraineté et Sa majesté, ¼.s’il est vrai que ceux qui prient croient sincèrement que Dieu les écoute, ¼s’il est vrai que ceux qui prient se préoccupent de ce qu’ils doivent dire à Dieu,¼s’il est vrai que ceux qui prient veulent que la volonté de Dieu se fasse réellement, ¼s’il est vrai que ceux qui prient se soucient de ceux pour lesquels ils prient, et souhaitent de tout coeur que Dieu les bénisse, nous comprenons alors pourquoi ils ont des problèmes pour prier d’une manière qui puisse honorer et plaire à Dieu. Il n’est pas étonnant de constater que ceux-ci se préoccupent tellement de la forme de la prière, puisque cela les aiderait à servir Dieu aussi fidèlement que possible. Examinons donc brièvement le rôle de la Bible dans la prière, ainsi que les questions concernant le moment et l’endroit où il faut prier.

Comment devons-nous prier? Le rôle de la Parole de Dieu, la Bible

La Parole de Dieu, autrement dit la Bible, est la clé qui permet de répondre aux questions concernant le contenu et la forme des prières qui plaisent à Dieu. En un mot, la réponse à ces questions est la suivante: «Intégrez la Parole de Dieu dans vos prières personnelles.» Les mots que Dieu utilise dans la Bible expriment les pensées et les intentions de nos coeurs mieux que nos propres paroles, parce que Dieu qui a écrit la Bible nous connaît mieux que nous-mêmes.

Cela voudrait-il dire que nos prières ne doivent être que des citations tirées de la Bible? Que dire de nos propres paroles? Où les insérer? Nos paroles, il va sans dire, devraient normalement constituer la plus grande partie de nos prières, et cela est normal. Il en est ainsi puisque nous devons parler à Dieu comme à un ami, en lui confiant les problèmes immédiats et spécifiques que nous rencontrons quotidiennement. Nos prières doivent jaillir spontanément de notre coeur. Elles doivent exprimer des choses sur lesquelles nous n’avons peut-être pas réfléchi avant de prier Dieu.

Cependant, les vrais croyants passent beaucoup de temps à lire la Bible. Leur conversation avec Dieu n’est pas à sens unique. Écouter ce que Dieu dit à travers la Bible rentre dans le cadre de leur dialogue avec Lui. En passant de plus en plus de temps dans la Bible, ceux-ci assimilent la Parole de Dieu, vocabulaire et syntaxe compris, et ils l’intègrent dans leurs pensées. Ils pensent d’abord à ce que Dieu dit et ensuite ils y pensent de plus en plus à la manière dont Dieu l'a formulé. Les paroles de Dieu moulent leurs pensées, leurs discours, ainsi que les prières qu’ils adressent à Dieu.

En outre, la Bible donne certaines indications sur ce que nous, les croyants, nous devons dire lorsque nous nous adressons à Dieu. Elle nous enseigne que nous devons nous adresser à Dieu dans nos prières en L’appelant «Notre Père» (Matthieu 6:9). C’est l’un des commandements de la Bible qui contribuent à donner une certaine forme à nos prières. Cette appelation indique aussi que Dieu n’est pas un «copain» avec lequel nous blaguons ou bien nous nous amusons. C’est au Créateur Tout-puissant de l’univers que nous nous adressons. La Bible nous dit aussi de prier au nom de Jésus. Ce commandement nous est donné, non pas pour qu’il apparaisse à la fin de chacune de nos prières, comme on le ferait avec une formule servant à clôturer une lettre, mais surtout pour nous rappeler que Jésus a sacrifié Sa propre vie pour nous préparer le chemin qui mène à Son Père (Jean 14:13; Jean 16:23). On reconnaît ainsi la grande miséricorde de Dieu grâce à laquelle il nous est possible de nous présenter avec hardiesse au trône de grâce. La Bible nous enseigne par ailleurs que nous devons prier en demandant à Dieu que Sa volonté se fasse (I Jean 5:14). Cela ne veut pas dire qu’il faut tout simplement utiliser l’expression «que Ta volonté soit faite,» mais il faut souhaiter et croire que la volonté de Dieu se fera, peu importe les voeux que nous Lui adressons.

Au fur et à mesure que les enfants de Dieu croissent dans la grâce, leurs prières sont de plus plus inspirées par la Parole de Dieu. Mais, ils ne parodient pas pour autant certaines formules bibliques. La Bible nous met en garde contre les prières dans lesquelles on multiplie de vaines répétitions (Matthieu 6:7). Par exemple, certains encouragent ceux auprès desquels ils font des témoignages à faire la «prière du pécheur,» à faire comme si le salut était assuré, une fois qu’on prononce certains mots. D’autres se contentent de réciter le «Notre Père,» comme formule préférée, comme si cette prière était tellement sainte et garantie ainsi que Dieu va nous écouter. Certains autres récitent des formules standards chaque fois qu’ils s’apprêtent à manger, sans toutefois les varier un peu, comme si en évoquant la “grâce” ils sont désormais en règle et assurés d’avoir les bénédictions de Dieu, au moins pendant le repas qu’ils s’apprêtent à prendre. C’est autant de méthodes qui déforment le don et le privilège que représente la prière. Il importe de souligner que la prière consiste à s’entretenir avec Dieu. Personne n’utilise des formules stéréotypées pour s’entretenir avec son ami. Dieu n’a pas donné la Bible à Son peuple pour que celle-ci soit utilisée pour faire des prières rituelles ou des litanies vides de sens. Au contraire, en écrivant la Bible, Dieu voulait par là aider Son peuple à exprimer ce que chacun ressent dans son coeur.

Au lieu de prendre la forme de prières automatiques, des prières à formule tout faite, ou des prières qui expriment des sentiments vagues et généraux, les prières du peuple de Dieu débordent des soucis concrets et particuliers de leur coeur. A titre d'exemple, lorsque Paul et Timothée ont rendu grâces à Dieu pour le témoignage des chrétiens à Colosses, leur prière s'était basée sur ce qu'ils ont «entendu,» à savoir que les Colossiens ont fait preuve de leur foi en Jésus-Christ, ainsi que de leur charité pour tous les saints (Colossiens 1:4). Épaphras avait raconté à Paul et à Timothée comment la foi et l'amour des Colossiens étaient exprimés d'une manière concrète (Colossiens 1:7 et 8). Leurs prières étaient ainsi délibérées et réfléchies car elles se baisaient sur la démonstration de la grâce dans la vie des Colossiens. Donc, l'expression de «grâces» de la part de Paul et Timothée, étant basée sur des faits, sert d'une illustration éclatante de la prière d'un chrétien mûr.

Les prières des chrétiens sont délibérées et réfléchies pour au moins deux raisons. Les prières des chrétiens comportent tant de détails car celui qui prie exprime une réelle préoccupation à l'égard des sujets pour lesquels il prie. Leurs prières confirment qu'ils ont fait un effort pour s'informer le plus possible à propos des sujets pour lesquels ils prient. Toute chose qu'ils présentent à Dieu dans leurs prières a une grande importance, même les sujets les plus petits. Les prières des chrétiens contiennent tant de détails aussi parce qu'ils ont profondément confiance en Dieu. Premièrement, leur prières démontrent le fait qu'ils croient que Dieu S'occupent d'eux véritablement. Ils croient que Dieu S'intéresse à la vie de tous Ses enfants dans le moindre détail (Matthieu 10:30). Ils s'entretiennent avec Dieu, qui veut, ils croient fermement, mener toutes choses à leur bien. Deuxièmement, les prières des croyants démontrent leur conviction que Dieu est capable de tout faire. Ils croient qu'Il agit avec exactitude et minutieusement, et qu'Il est capable de gérer chaque atome dans l'univers (Colossiens 1:17, Hébreux 1:3). Ils s'entretiennent avec Dieu qui, ils croient inébranlablement, est capable de faire tout ce qui doit être fait.

Nous nous penchons maintenant sur une opinion fausse et qu'ont adoptée de nombreuses personnes, afin de l'écarter; une opinion qui concerne la relation de la prière avec les décisions que les gens prennent. Parfois, les gens prennent une décision et ils l’exécutent. Ils sont confiants qu’ils ont pris une bonne décision, et qu’ils ont la bénédiction de Dieu, parce qu’ils ont prié avant d’agir. C’est comme si le fait de prier sanctifie leur décision et justifie tout ce qu'ils font par la suite. Par exemple, les gens se disent parfois: «Eh bien, nous avons prié à ce sujet, nous sommes donc sûrs que c’est telle chose qu’il faut faire.» Cependant, il arrive très souvent que les gens qui prient avant d’agir ont déjà arrêté d’avance ce qu’ils veulent faire, sans toutefois tenir compte de tout ce qu’enseigne la Bible. Très souvent, les gens ignorent, rejettent ou déforment les versets qui contredisent non seulement leur propre entendement chéri de ce que la Bible enseigne, mais aussi les actions qu’ils envisagent. Le fait de prier ne garantit pas que ce qu’on fait est bon. Ce n’est que quand les gens sont fidèles à tout ce que la Bible enseigne que leurs décisions seront guidées par la volonté de Dieu, peu importe la ferveur avec laquelle ils prient. Nous ne sommes pas en train de dire qu’une fidélité absolue à chaque mot de la Bible constitue un préalable pour prier. Cela n’est pas possible sur ce côté de l'éternité. Cependant, les gens doivent être prêts à accepter tout ce que la Bible enseigne, et à ajuster leurs idées et leurs actions au fur et à mesure que Dieu attire leur attention sur certains passages bibliques. Les prières doivent jaillir d’un coeur humble qui est soumis à tout ce qu’enseigne la Bible. Il ne s’agit pas d’une soumission de façade, mais d’une soumission réelle qui accepte ce principe: “Que ta volonté se fasse et non la mienne”.

Nous devons aussi ajouter un bref commentaire au sujet de la soumission à la Bible, et du lien qui doit exister entre la Bible et la prière. L'Exode, aux chapitres 3 et 4 donnent le récit d'une longue conversation entre Moïse et Dieu au sujet de la mission de Moïse qui devait libérer les Israélites de leur captivité de Pharaon, et les conduire su désert. Après un long entretien avec Moïse, Dieu lui avait dit: «Va donc» (Exode 4:12), croyant que Moïse allait partir tout de suite. Mais, Moïse a continué à discuter. Alors, la colère de Dieu s’est enflammée contre Moïse à cause de ses hésitations, à cause de sa lenteur à obéir fidèlement aux instructions de Dieu. De toutes les choses que ce chapitre nous enseigne, ce seul incident en dit long sur la prière. Les prières de Moïse ne remplaçaient pas son obéissance.

Dieu prend plaisir à écouter les Siens. Mais, si ceux-ci préfèrent s’accrocher à leurs points de vue, alors qu’à partir de Sa Parole Dieu leur a montré que faire, ils indiquent par là qu’ils aiment leurs prières plus que Dieu. La prière est la meilleure chose qu’il faut faire avant d’entreprendre une mission confiée que Dieu confie aux Siens. Mais, la prière ne remplace pas ce que l'on doit faire pour accomplir cette mission. La prière continue à faire partie de la vie des croyants, même lorsqu’il s’agit pour ceux-ci de retrousser les manches pour faire ce que Dieu ordonne de faire. Nous pouvons appeler cela «la prière dans l’action.» Ce n’est que quand le peuple de Dieu fait ce que Dieu lui demande de faire qu’il démontre qu’il a vraiment confiance à Dieu. Ce n’est qu’à travers son obéissance que ce peuple démontre qu’il est conscient que l'oeuvre qu’on lui demande de faire vient de Dieu, et que Dieu comprend, mieux que quiconque, ce qu’il faut faire. Ce n’est qu’à travers leurs actions que ce peuple montre qu’ils ont confiance que Dieu est avec eux, et qu’Il va les aider à faire ce qui est demandé.

Nous devons aussi souligner que les enfants de Dieu peuvent prier pour tout. Rien n’est trop malsain, ni trop petit, ni trop insignifiant pour ne pas faire partie de l’entretien qu’ils ont avec Dieu. Les prières qu’ils adressent à Dieu révelent leur connaissance de la Bible. Ainsi, les priorités spirituelles contenues dans la Bible sont soulignées dans leurs prières, non seulement pour leurs âmes, mais aussi pour celles des autres.

Quand et où devons-nous prier?

Le principal conseil qu’on peut donner au sujet de la prière est: «Il faut passer à l’acte.» Il ne suffit pas seulement de parler, “Il faut passer à l’acte”. Il ne faut pas seulement lire des livres, “Il faut passer à l’acte”. Ne vous préoccupez pas de la durée de vos prières, ni de ce que vous allez dire. Ne vous préoccupez pas non plus de l'endroit où vous vous trouvez ni des gens qui sont avec vous. Le meilleur conseil qu’on peut donner est le suivant: “Il faut agir tout simplement! Et il faut le faire très souvent!” Combien de fois êtes-vous tombés dans le piège séduisant de la paresse? Avec quelle spontanéité réagissez-vous lorsqu’il s’agit de choses insignifiantes concernant votre vie terrestre? Avec quelle promptitude répondez-vous aux sollicitations urgentes dans ce cadre? Si vous êtes l’ami de Dieu, vous ne devez pas permettre que quelque chose retarde ou remplace la conversation que vous devez avoir en permanence avec Lui.

Les soucis que nous exprimons dans les prières sont importants à la fois pour nous et pour Dieu. Mais, cela ne veut pas dire que nos prières doivent nécessairement être longues. Elles peuvent l’être de temps en temps, mais le plus important est que nous devons prier régulièrement. Des courtes prières pour solliciter Son assistance quand nous sommes en train de combattre un péché ou de subir une affliction, des courtes prières de repentance quand nous déplorons les oeuvres de notre chair, des courtes prières pour exprimer nos préocccupations pour les besoins des autres, des courtes prières de gratitude quand nous admirons les merveilles de la création dont Dieu est l’Auteur, des courtes prières de louanges quand nous sommes conscients de la façon dont Il arrange gracieusement le temps et les évènements pour que Son peuple puisse bénéficier de Ses bénédictions, tous ces aspects doivent faire partie de notre conversation avec Dieu pendant toute notre vie. Si nous nous attendons à passer toute une éternité en présence de Dieu en chantant des louanges en son honneur et en Le remerciant, nous avons intérêt, dès maintenant, à nous entretenir librement et régulièrement avec Lui. (Psaume 55:17).

La prière doit être pour nous une compagne inséparable, car nous devons être prêts à prier Dieu en tout temps et en tout lieu. Nous devons prier pour solliciter la sagesse et la foi, quand nous sommes devant un problème qu’il faut résoudre ou un défi qu’il faut relever. Nous devons prier pour solliciter le courage et la force quand nous sommes en train de résoudre un problème ou de relever un défi. Nous devons prier pour demander pardon et exprimer notre gratitude quand nous avons résolu un problème ou relevé un défi.

La prière, surtout «au milieu de l’assemblée» peut jouer un rôle important (Psaume 22:22 à 25; Psaume 34:3). Le Père S'attend à ce que Ses enfants prient pour s'entre'aider, et pour faire des témoignages auprès des inconvertis du monde. Mais, nous devons être conscients qu’il y a des risques qui vont de pair avec la prière que l’on fait en public. Premièrement, les prières qu’on fait en groupe et à haute voix peuvent facilement dévoiler certaines indiscrétions. Il peut y avoir des choses contre lesquelles quelqu’un peut être en train de se battre, et que cette personne ferait mieux de garder secrètes. Une prière publique ne doit pas être une occasion pour annoncer à haute voix des secrets à tout le monde. Deuxièmement, lors d’une prière publique, à laquelle assistent des hommes et des femmes, les femmes ne doivent pas prier à haute voix. Parfois, lors d’une prière très informelle et très intime, qui a lieu dans un environnement tout à fait différent de celui qui prévaut lors du culte, il peut arriver que les femmes prient à haute voix. Toutefois, il faudrait éviter l'apparence qu’une femme joue les premiers rôles dans la conduite des affaires spirituelles. Ce conseil est en harmonie avec l’humilité qui doit prévaloir lors de la prière. Troisièmement, ceux qui prient en public doivent éviter de faire l’étalage de leur piété. Les autres personnes ne sont pas seulement là comme des compagnons de prière, mais ils écoutent aussi ce que dit celui qui dirige la prière, et c’est une tentation pour celui qui prie en public de rechercher les éloges auprès de ceux qui l’entendent prier. Tous ceux qui prient en public doivent savoir que toute l’attention et tout l’honneur doivent revenir à Dieu seul. Il faudrait, même dans la prière, faire que ceux qui prient diminuent, et que Dieu croisse (Jean3:30).

Nous pouvons aussi prier en privé. En fait, la prière privée devrait être la façon de prier par excellence pour tout chrétien (Matthieu 6:6). Néanmoins, la prière privée comporte aussi des pièges dont nous devons être conscients. Premièrement, la prière intime ne doit pas être une oeuvre de martyr et de reniement de soi. Les gens ne doivent pas se féliciter du zèle dont ils font preuve quand ils prient. Deuxièmement, les gens ne doivent jamais faire l’étalage des efforts qu’ils déploient dans la prière. Les enfants de Dieu doivent contrôler ce qu’ils disent aux autres et éviter de parler de leurs prières dans le but d’impressionner les autres. Après tout, une personne ne doit-elle pas se préoccuper plus de ce qu’elle dit dans la prière que de ce que les autres pensent de sa prière? Même dans la prière, il faudrait que toute gloire revienne à Dieu.

Les prières de supplication

Les prières d’adoration et de louanges font partie des prières que l'on adresse à Dieu. Les prières comprennent la confession des péchés qu’on a commis. Les prières comprennent notre expression de gratitude pour tout ce que Dieu a fait, ce qu’Il est train de faire et ce qu’Il fera pour Son peuple. Les prières comprennent aussi les demandes qui nous concernent nous-mêmes et qui concernent les autres. Tant que nous vivons dans ce monde maudit par le péché et dans ce corps charnel, nous aurons toujours besoin de demander beaucoup de choses à Dieu dans nos prières (Psaume 32:5 et 6). La plupart des chrétiens comprennent les prières d’adoration, de louanges et de gratitude, comme l’enseigne la Bible. La plupart des chrétiens comprennent aussi les prières de confession, comme l’enseigne la Bible. Cependant, les prières pour solliciter quelque chose ne sont pas tout à fait bien comprises, même par les vrais croyants. Il importe de nous rassurer que nous comprenons ce qu’il faut faire quand nous demandons à Dieu ce dont nous avons besoin.

Mettre de côté quelques idées erronées

Premièrement, Dieu n’est jamais ennuyé ni fatigué d’écouter nos requêtes. Certains estiment que lorsque nous avons prié Dieu pour Lui soumettre un problème, nous devons éviter de revenir là-dessus, car, disent-ils, prier plus d’une fois pour la même chose reflète un manque de foi. Ont-ils raison? Pas du tout. La Bible enseigne qu’il faut faire preuve de persistance dans la prière (Luc 11:1 à 13). Il n’est pas question pour nous de prendre d’assaut les bastions du Ciel et de briser la résistance de Dieu avec le poids de nos requêtes. Nous devons plutôt reconnaître que nous n’avons aucun autre recours (Jean 6:68). Nous devons donc aller à Dieu à tous temps, car Il est notre seul et dernier espoir. Nous devons revenir sur nos demandes à maintes reprises, parce que nous prions pour ce qui nous préoccupe, et ce qui, croyons-nous, préoccupe également Dieu.

Deuxièmement, le but des prières que font les croyants pour présenter leurs supplications n’est pas d’éduquer Dieu sur certains besoins des Siens. Ceux qui font partie du peuple de Dieu ne sont pas Ses patrons ou Ses informateurs. Dieu connaît les besoins de Son peuple (Ésaïe 65:24; Matthieu 6:8), mieux que Son peuple lui-même. Cette réalité ne doit pas démotiver les enfants de Dieu, mais elle doit plutôt les encourager à prier, parce qu’ils sont conscients que Dieu connaît réellement leurs problèmes. En fait, Dieu peut même être au courant des problèmes que ceux-ci n’arrivent pas à énoncer clairement avec des mots. Dans Sa sagesse et sa Grâce étonnantes, Dieu répond aux doléances de Ses enfants et Il leur donne beaucoup plus que ce qu’ils peuvent demander dans leurs prières (Éphésiens 3:20 et 21).

Troisièmement, les prières pour soumettre des demandes ne sont pas des gadgets que les gens peuvent utiliser pour négotier avec Dieu dans le but d’obtenir ce qu’ils veulent, soit pour eux-mêmes, soit pour les autres. Promettre de donner à Dieu quelque chose pour témoigner notre gratitude pour Ses bénédictions est insensé. Au moins, celui qui prie devrait reconnaître qu’il ne contrôle pas tout à fait la situation au point d’être sûr de tenir à sa promesse. En outre, quand quelqu’un croit qu’il peut négocier avec Dieu, il révèle par là un manque de confiance en Dieu. Au lieu de demander en toute humilité que la volonté de Dieu se fasse, il insiste sur ce qu’il croit être mieux pour lui. Une telle personne a remplacé la confiance qu’elle doit avoir en Dieu par la confiance qu’elle a en elle-même. Elle a remplacé la gloire qui revient à Dieu par l’orgueil qu’elle tire des solutions et des plans qu’elle a elle-même conçus.

Quatrièmement, nous ne devons pas penser que les demandes que nous faisons dans nos prières sont comme des commandes que nous faisons auprès d’une maison de vente par correspondance basée au Ciel. Nous ne devons pas non plus penser que prier Dieu reviendrait, par exemple, à attirer l’attention d’un employé cosmique qui attend qu’on lui demande d’exécuter un ordre. Dieu prend toujours l’initiative, en créant le désir chez les Siens de Lui adresser des prières, et en satisfaisant à leurs besoins selon Son plan parfait.

J’aimerais considérer et écarter une autre idée erronée concernant la dynamique des prières dans lesquelles on inclut des requêtes. Mais, pour nous assurer que nous ne sommes sur la bonne voie, nous devons passer du temps à expliquer clairement tous les détails. Cette idée erronée vient d'une mauvaise compréhension de Jacques 5:16. Certains interprètent mal ce verset en faisant croire qu’il veut dire que «la prière change les choses.» La fausse impression qu'ont beaucoup de gens est que Dieu change Ses plans en fonction de la ferveur dont Son peuple fait preuve dans les prières.

Cependant, nous devons accepter le fait que les plans de Dieu sont fixés au Ciel (Psaume 119:89; Ésaïe 46:10). Lui seul en connaît les détails, et Il n’a pas besoin d’être guidé par les hommes (Ésaïe 40, versets 13 et 14). Il sait ce qui est mieux pour les Siens, il a toujours su ce qui était mieux, et Il a la sagesse et le pouvoir de veiller à ce que tout se réalise selon Ses plans parfaits. En fait, la Bible dit que Dieu pourvoit aux besoins de tous les Siens, même avant que ceux-ci n’en fassent la demande (Ésaïe 65:24).

L’une des raisons pour lesquelles les gens ont une fausse idée des prières qui présentent des doléances est qu’ils pensent qu’ils peuvent établir une corrélation étroite entre une prière précise et ce qui se passe autour d’eux. Ils recherchent une évidence matérielle quelconque qui indiquerait que Dieu a répondu à une prière particulière qui Lui a été adressée. Par exemple, quand ils sont malades, quand ils cherchent un emploi, ou quand ils se plaignent parce qu’une personne qui leur est chère vit comme un athée, ils prient pour que Dieu intervienne, et ils s’attendent à voir un signe concret qui confirmerait que Dieu a entendu leur prière. Cependant, autant il est vrai que le salut est une oeuvre spirituelle qui reste totalement invisible, autant il est vrai que Dieu ne donne pas de preuve matérielle visible au chrétien qui vit par la foi (II Corinthiens 4:18; II Corinthiens 5:7). En outre, un croyant ne peut pas être suffisamment éclairé pour établir un lien direct entre une demande précise et un évènement particulier qui se produirait autour de lui.

L’univers est beaucoup trop complexe pour qu’un croyant puisse comprendre comment les différents éléments fonctionnent selon la volonté parfaite de Dieu. Dieu arrange les choses pour que Sa volonté se fasse et pour que Son peuple en tire profit, mais personne ne peut analyser les évènements qui se produisent dans le monde, et dire quels évènements physiques constituent la réponse directe à une prière donnée. Peut-être qu’avec le temps, selon son âge et sa maturité, une personne peut percevoir la sagesse de Dieu à travers la façon dont Dieu arrange les choses pour qu’elles fonctionnent le mieux possible. Mais aucun être humain n’est aussi sage que Dieu. Personne ne peut savoir exactement ce qui doit être fait, ni comment le faire. Par conséquent, personne ne peut savoir exactement comment prier, ni quels évènements ici-bas auraient un lien avec ses prières.

Les croyants connaissent beaucoup de choses qui sont révélées dans la Parole de Dieu, et cela peut leur donner la compréhension nécessaire pour mieux formuler leurs prières. Par exemple, ils comprennent que la proclamation de l’Évangile doit être le thème principal de leurs prières, que les prières des croyants qui parlent de l’évangélisation sont les plus convenables. Cependant, même dans ce cas, les croyants ne savent toujours pas comment Dieu peut utiliser un témoin dans une situation donnée. S’ils estiment qu’ils savent prêcher et prier pour que les évènements se produisent comme ils le souhaitent, ils ignorent toutefois si Dieu envisage quelque chose de meilleur.

La prière de gratitude

Philippiens 4:6 et 7, nous aide à mieux comprendre les prières dans lesquelles on présente les demandes (ou, comme ce verset les appelle, les prières de «supplication»). Les mots qu’utilise Philippiens 4:6, à savoir «Ne vous inquiétez de rien,» ne signifient pas que le chrétien doit prendre les choses à la légère, même si les choses tournent au mal. Ce verset veut dire plutôt qu’un croyant ne doit pas éprouver ou manifester de l’anxiété. Pour avoir une telle attitude, Paul conseille qu’«en toute chose ... faites connaître vos besoins à Dieu.» L’expression qui est utilisée ici n’est pas «pour toute chose,» mais «en» toute chose. Autrement dit, Paul veut dire ceci: «peu importe la situation dans laquelle vous vous trouvez, même les plus difficiles, confiez-vous à Dieu.»

Entre parenthèses, les versets 6 et 7, ne laissent pas à entendre que ce sont les prières des croyants qui apportent la paix dans l'esprit et le coeur. La paix est l'oeuvre réelle que Dieu a accomplie pour sauver les Siens, ainsi que l'oeuvre réelle que Dieu continue à faire en agissant à la fois dans leurs coeurs et dans leur environnment pour les préparer à mener une vie chrétienne aussi bien dans le monde actuel que dans le monde à venir. La prière garde dans leur esprit la présence de Dieu ainsi que Ses bénédictions, afin qu’ils ne les oublient et s'affolent quand ils subissent les afflictions qu’Il leur soumet.

Cinq mots importants qui nous aident à comprendre le conseil de Dieu que nous trouvons dans Philippiens 4:6 et 7, en ce qui concerne la prière de supplication sont «avec des actions de grâce.» Cette expression indique, non seulement que nous devons remercier Dieu pour l’aide qu’Il nous a donnée dans le passé, mais aussi comme nous le lisons ici, nous devons Le remercier au même moment que nous formulons nos requêtes. Autrement dit, notre gratitude doit être exprimée avant de terminer notre prière. Le message qu’il faut saisir ici est que le croyant connaît en partie la Personne à laquelle il adresse sa prière, et ainsi il peut La remercier, sans attendre que des évènements se produisent dans l’avenir qui pourraient être considérés comme une réponse à sa prière. En fait, un croyant peut déménager ou même mourir sans avoir la moindre idée de la manière dont Dieu accomplit Sa volonté à travers les requêtes qu’il Lui a soumises. Un chrétien ne prie pas en espérant vivre et comprendre les évènements qui tiendraient lieu de réponse à sa prière. Plutôt, un chrétien prie en ayant confiance que Dieu contrôle tout et dirige tout avec sagesse.

Le fait de remercier Dieu ne correspond pas nécessairement à la reconnaisssance, de la part de celui qui a fait la demande, qu’un certain évènement constitue la réponse à sa prière. Le fait de donner des remerciements anticipés montre plutôt la confiance et l’amour qu’on a envers Celui qui a la réputation de toujours faire ce qui est mieux. Il reflète aussi un certain niveau de maturité. Car, au fur et à mesure qu’un croyant améliore sa connaissance de la Bible et obéit de plus en plus à ce qu’il y trouve, il se rend compte que la volonté de Dieu finit toujours par se concrétiser.

Les prières faites par un croyant mûr s’inspirent de la volonté de Dieu. Ceci ne se voit pas dans l’usage répété des mots tels que «selon Ta volonté,» mais dans la soumission effective de son coeur et de son esprit à la volonté de Dieu. Un croyant mûr sait que la volonté de Dieu reste en fin de compte à la discrétion de Dieu. Aussi prie-t-il en s’armant de patience et d’humilité, parce qu’il est certain que Dieu est sage et capable de faire ce qui est mieux. En priant que la volonté de Dieu se fasse dans sa propre vie, le croyant est confiant que, peu importe la situation confuse et décourageante dans laquelle il se trouve, Dieu est fidèle et Il fera tout ce qu'il faut pour l'accomplir (Philippiens 4:19).

En outre, un chrétien mûr sait qu’il doit d’obéir aux principes précis que Dieu a révélés dans la Bible. Au lieu de trouver un lien absolu entre ses prières et les évènements précis qui se produisent autour de lui, un chrétien mûr sait que Dieu lui a donné une mission précise, et qu’il doit tout faire pour la réaliser.

Certains pourraient dire peut-être: «Eh bien, par là, voulez-vous dire que si nous prions quand nous souffrons, nous devons adopter une attitude plutôt stoïque et dire tout simplement, ‘selon la volonté de Dieu’, au lieu d’attendre que Dieu nous apporte effectivement un soulagement?» Pas du tout. Les croyants sont préoccupés par leurs souffrances, et ils se soucient aussi des problèmes des autres. Ils doivent donc tout confier à Dieu dans leurs prières. Ils doivent cependant savoir aussi que la meilleure solution est entre les mains de Dieu. Les croyants veulent que la volonté de Dieu se fasse, parce qu’elle est la meilleure pour eux et pour les autres. Et, au fur et à mesure qu’ils prient, ils apprennent à faire confiance à Celui qui a jusqu’ici fait un bon travail en eux, et qui va aller jusqu’au bout de Son plan parfait.

Certains pourraient aussi dire: «Pourquoi donc prier si Dieu va, en fin de compte, faire Sa volonté quand-même? N’allons-nous pas nous lasser de prier, puisque nous nous adressons, après tout, à un Dieu souverain?» Rappelons-nous une chose: Dieu demande aux croyants de prier sans cesse (I Thessaloniciens 5:17), et leurs prières constituent la preuve de leur obéissance. De même, Dieu entend utiliser les prières que les Siens Lui adressent comme un outil de travail. D’une façon mystérieuse, Dieu utilise ces prières pour atteindre les buts qu’Il s’est fixés, tout comme Il se sert de la proclamation de l’Évangile pour amener les gens dans Son Royaume, bien qu’Il ne soit pas obligé de procéder de cette façon. Les croyants ont le privilège et la joie de participer, à travers leurs prières, à l’exécution du plan universel et éternel que Dieu a conçu pour le genre humain. Mais, le plus important pour tous les croyants est la joie qu’ils ressentent de savoir qu’ils peuvent causer avec le Dieu Qui est si important pour eux, et Qui est si doux et plein de compréhension. Leur joie ne provient pas du fait qu’ils peuvent voir les résultats de leurs prières, ou qu’ils peuvent changer le cours des évènements par leurs prières. Leur joie provient plutôt du fait qu’ils peuvent confier directement tous leurs besoins et tous leurs désirs à Dieu. Leur joie provient du fait qu’ils peuvent parler à Celui qui les aime, Celui qui veut écouter tout ce qu’ils ont à dire, même s’ils n’arrivent pas à énoncer clairement et sagement leurs pensées, Celui qui peut les aider, même lorsqu’ils ne savent pas au juste ce qui est mieux pour eux.

Ce serait quelque chose de tragique, si notre joie devait dépendre de notre propre évaluation des circonstances concrètes dans lesquels nous vivons, et du bon choix des mots que nous devons utiliser dans nos prières. Comment pourrions-nous savoir que nos analyses et nos prières sont pertinentes? Il est merveilleux de savoir que notre joie provient de Dieu Lui-Même! Nous savons que nous pouvons nous réjouir de tout, peu importe ce qui arrive dans notre vie, et peu importe la maladresse et l’imperfection qui caractérisent nos prières. La raison en est que nous sommes sous la protection d’un Dieu Tout-Puissant, sage et aimable.

Conclusion

Dans la prière, les chrétiens louent Dieu avec gratitude et humilité pour la grâce et la miséricorde qu’Il a manifestées à leur égard en Jésus-Christ. En priant et en menant des études bibliques, les chrétiens trouvent la sagesse et la force dont ils ont besoin pour maintenir leur marche fidèle dans ce monde corrompu et maudit. En priant, les chrétiens expriment les soucis qu’ils ont pour les âmes des autres. Par dessus tout, les chrétiens prient, parce qu’ils aiment parler à leur Père céleste qui les aime, qui les invite avec tendresse auprès de Lui, parce qu’ils sont Ses enfants, et qui les encourage à Lui remettre tous leurs soucis, et à partager leurs joies avec Lui. Les enfants de Dieu L’aiment, parce qu’ils sont conscients qu’Il les comprend, et qu’Il prend soin de tout ce qu’ils Lui confient.

J’aime l’Éternel, car il entend ma voix, mes supplications; car Il a penché son oreille vers moi; et je l’invoquerai toute ma vie.

Psaume 116, versets 1 et 2


Le Saint-Esprit et la prière: Le Message de Romains 8:26 à 28

Essayer d’examiner et de comprendre tout ce que la Bible enseigne à propos du rôle du Saint-Esprit dans les prières des enfants de Dieu est une tâche immense que nous ne pouvons pas couvrir dans le cadre de cette étude. Par contre, il nous incombe de lire un passage qui est souvent cité, notamment Romains 8, versets 26 à 28. Essayons de comprendre ce passage avec le plus d'exactitude possible.

Romains 8:26: «De même aussi l’Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables.»

Bien que nous ayons une âme qui veut plaire à Dieu, nous nous plaignons du fait que nous avons encore un corps charnel qui nous encombre et qui s’oppose à notre aspiration. Nous attendons avec impatience ce moment où nous serons libérés de ce corps qui est attiré par les voluptés de la chair, et devenir immortels (II Corinthiens 5:1 à 9; Philippiens 1:21 à 23). Pour cette raison, «l’Esprit nous aide dans notre faiblesse.»

La phrase «car nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières» ne signifie pas que nous ne sommes pas assez intelligents, ou que nos problèmes sont si complexes qu’il nous manque des mots précis pour en parler de façon claire et nette dans nos prières et, par conséquent, l’Esprit devrait nous aider à combler cette lacune. Plutôt, le verset dit que «nous ne savons pas ce qu’il convient de demander dans nos prières.» Autrement dit, il nous manque les renseignements nécessaires pour prier exactement comme il nous faut. Il importe de nous rappeler que nos prières doivent surtout faire ressortir la volonté de Dieu (I Jean 5:14 et 15). Peu importe notre sagesse, il y a des choses «qu’il nous convient de demander,» mais que nous n’allons jamais évoquer dans nos prières, parce que nous ne savons pas tout ce que Dieu sait. Seul Dieu peut prier parfaitement selon Sa propre volonté. Ce dont il est question ici, ce n’est pas le fait que nous ne savons pas prier correctement (bien que ce soit aussi un problème réel), mais plutôt le fait que nous ne savons pas ce que Dieu seul sait. Le verset ajoute ceci: «Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables (par les hommes),» parce que les hommes ne savent pas justement ce que Dieu sait.

Par exemple, un croyant pourrait prier pour demander qu’il soit soulagé d’une grande détresse qui pourrait entraîner sa mort. Après tout, personne n’est sauvé avec la promesse de mener une vie confortable dans ce monde. Un autre exemple: un croyant peut prier avec persistance pour le salut de quelqu’un, mais ce dernier peut mourir sans être sauvé. La raison en est qu’une personne n’est pas sauvée grâce à l’abondance ou grâce à la nature des prières qui sont adressées à Dieu en son nom. Et personne n’est perdu non plus, parce que les prières pour son salut étaient peu nombreuses ou mal exprimées. Seul Dieu sait comment une situation stressante peut contribuer à la réalisation de Son dessein, seul Dieu sait qui sont Ses élus. Bien que les croyants peuvent ne pas toujours connaître la volonté de Dieu, ils savent néanmoins que «toutes choses concourent» au bien spirituel des élus (Romains 8:28). Le grand réconfort que nous donne Romains 8:26, est que Dieu sait tout, et quand Son Esprit prie, Sa volonté finit toujours par se faire. Dieu sait que Sa volonté se réflète dans chaque situation. Quand l’Esprit prie pour quelque chose, c’est que cette chose va se réaliser inéluctablement, parce que l’Esprit sait tout (I Corinthiens 2:9 à 11), Il sait surtout qui sera sauvé. Par conséquent, le verset 26 souligne la souveraineté de Dieu, Sa sagesse et Sa capacité de réaliser les merveilleux desseins qu’Il a fixés pour Ses élus.

Les mots «de même» semblent indiquer que le verset 26 enseigne que nous ne savons pas prier. Cependant, notre ignorance ne concerne pas la forme liturgique qu’il faut utiliser ni la position qu’il faut prendre quand nous prions, mais elle concerne plutôt le contenu spirituel qu’il faut donner à nos prières. Nous savons que nous devons honorer Dieu avec révérence, remercier Dieu avec toute notre affection, implorer Sa miséricorde en toute humilité, et Le chercher avec patience pour le bien des autres, y compris nos ennemis. La Bible parle longuement de la prière. Néanmoins, nous ne connaisson pas beaucoup de hses au niveau des résultats de la prédication de lEvangile dans le monde, et nous ne pouvons pas les connaître parce que nous ne connaissons pas parfaitement la pensée de Dieu. A cause de cette ignorance, nous ne sommes pas toujours en mesure de prier selon la volonté de Dieu. Notre désir est que la volonté de Dieu se fasse, mais nous ne savons pas toujours quelle est Sa pensée et, par conséquent, nous ne pouvons pas prier comme il convient. Romains 8 nous apprend que l’Esprit, qui connaît la pensée de Dieu, prie à notre place que la volonté de Dieu se fasse.

Romains 8, verset 27, dit: «Et celui qui sonde les coeurs connaît quelle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints.»

L’Esprit sait que les croyants sont gênés par un corps qui est attiré par le péché. Il sait que ceux-ci pèchent et qu’ils ont besoin de Son secours, non pas seulement pour leur propre salut (Ésaïe 65:24), mais aussi pour leur vie en tant que chrétien (Romains 7:24 et 25; Colossiens 2:10; Philippiens 2:13). Face aux difficultés dans ce monde, les croyants se réjouissent du fait que Dieu est souverain, confiants qu'Il sait tout et qu'Il est capable de faire tout ce qui est nécessaire pour les aider (Psaume 94:17 à 19; Psaume 103:10 à 17; et Psaume 124). Ils veulent faire la volonté de Dieu, mais parfois, ils n’y parviennent pas. Ils veulent implorer Dieu dans leurs prières et, parfois, ils ne le peuvent pas, parce qu’il y a des choses qu’ils ne connaissent pas.

La merveille de l’Évangile est que les problèmes des croyants deviennent les problèmes de Dieu. Il transforme leur coeur, et les amène à désirer que la volonté de Dieu se fasse, bien que ceux-ci ne sachent pas toujours exactement ce qu'est cette volonté. Dieu comprend qu’il existe des lacunes dans leurs prières. L’imperfection de leurs prières ne porte pas atteinte cependant à leur relation avec Dieu en tant que Ses enfants. Dieu est toujours prêt à leur venir en aide. Dans la grâce, Ses prières se joignent à leurs prières (Apocalypse 5:8; Apocalypse 8:3 et 4), parce que Son Esprit prie aussi parfaitement selon la volonté de Dieu en ce qui les concerne. La raison pour laquelle l’Esprit intercède si parfaitement est que Dieu connaît Sa propre pensée (I Corinthiens 2:10 et 11). La confiance et la joie qu'éprouve le croyant proviennent du fait que les prières que l’Esprit fait «à l’intention des saints» reçoivent toujours les réponses qui correspondent point par point avec les paroles qu’Il a prononcées, car Il prie «selon» ce que Dieu veut.

Romains 8:28: Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein.

Il est important de comprendre ce verset tel qu'il rentre dans la logique des versets qui viennent aussi bien avant qu’après. En comparant le verset 28 au verset 26, nous notons que, bien que «nous ne sachions (le mot grec utilisé ici est oida, ce qui signifie comprendre avec notre esprit) pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières,» néanmoins, «nous savons (oida), du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu.» Notre assurance que «toutes choses concourent au bien,» aujourd'hui et notre espoir que «toutes choses vont concourir au bien» demain reposent sur le fait que, malgré nos gémissements face à la pesanteur de notre corps charnel (Romains 8:23), et malgré notre existence dans un monde corrompu qui «souffre les douleurs» de la malédiction due au péché (Romains 8:22), nous sommes néanmoins réconfortés à l’idée que l’Esprit intercède pour nous par des soupirs inexprimables pour que la volonté de Dieu se concrétise en ce qui concerne Son peuple. Et l’Esprit connaît parfaitement la volonté de Dieu, parce que, étant Dieu, Il a tout mis au point avant la création de l’univers. C’est donc pour cette raison que Paul écrit au verset 28: «Nous savons» que nos combats actuels se termineront par une victoire totale, parce que, selon Romains 8:29 et 30, le plan éternel de Dieu pour lequel l’Esprit soupire en priant Dieu, sera réalisé en faveur de Ses saints (Romains 8:39).

Les combats que mènent les croyants en ce moment ne constituent pas un obstacle pour l’accomplissement parfait de la volonté de Dieu dans leur vie, ou pour Son plan qui reste en vigueur de génération en génération. La victoire de la justice de Dieu ne dépend pas de la fidélité de Son peuple ni de leurs prières qui tous les deux ne sont pas parfaites. Cette victoire dépend plutôt de la Sagesse de Dieu et de Son pouvoir, car Il contrôle tout.

Les croyants peuvent ne pas connaître avec exactitude la volonté de Dieu, mais ils savent qu’elle «concourt à leur bien.» Savoir cela constitue un réconfort pour ceux qui se débattent actuellement dans leur corps charnel. Ils savent que «toutes choses concourent à leur bien.» Autrement dit, toutes les bonnes choses, aujourd’hui comme demain, et pour lesquelles l’Esprit prie, vont se réaliser exactement comme Il le demande dans Sa prière, car l’Esprit connaît la pensée de Dieu, d’autant plus qu’il est Dieu Lui-Même.

Les bonnes choses ne concourent qu’au bien de «ceux qui aiment Dieu,» autrement dit, pour ceux qui sont sauvés. Seuls les croyants sont «ceux qui sont appelés selon son dessein.» Les bénédictions que Dieu a réservées ne concernent que ceux en qui Dieu a mis Son amour et dont le coeur est droit devant Lui. L’expression «selon son desseinx» se rapporte au plan de salut ou à l’objectif que Dieu S’est fixé, comme le soulignent les versets 29 et 30.

La prière en temps de maladie: le message de Jacques 5:13 à 16

Le verset 13 couvre toutes les situations dans lesquelles on peut se retrouver. Dans l’affliction, Dieu invite Son peuple à prier. Pendant les moments de joie que Dieu offre, on doit «chanter des psaumes» qui constituent des prières musicales, lorsque le peuple de Dieu chante: « ... par des psaumes, par des hymnes, et par des cantiques spirituels, chantant et célébrant de tout votre coeur les louanges du Seigneur» (Éphésiens 5:19). Dans le malheur comme dans le bonheur, la prière est toujours de rigueur. Mais, c’est quand on est dans le malheur, surtout quand on est malade, ce qui est un très grand souci personnel, que nous nous rappelons de notre faiblesse et de notre dépendance par rapport à Dieu. C’est dans ce sens que le verset 14 de l’Épître de Jacques évoque la place de la prière en cas de maladie.

Dans la phrase «Quelqu’un parmi vous est-il malade?,» le mot «malade» peut se rapporter à la maldie physique comme nous le lisons dans Marc 6:56, ou Jean 11:1. Il peut, dans d’autres passages, se rapporter à une faiblesse spirituelle comme l’indique Romains 4, verset 19 («sans ... faiblir» dans la foi), ou Romains 14:1 («Faites accueil à celui qui est ... faible dans la foi»). Comme nous allons le voir, nous ne devons pas nous limiter à un seul sens, parce que les deux sens rejoignent la logique de ces versets pour au moins deux raisons. Tout d’abord, il est important de se rappeler que, même lorsque quelqu’un souffre d’une maladie physique, il a toujours un besoin spirituel qui doit être satisfait. Peut-être que sa maladie physique a été causée par un problème spirituel. Ou bien, il se pourrait que le besoin spirituel existait avant, et que la maladie physique n’a fait que l'empirer. En tout cas, un encouragement spirituel est toujours nécessaire pour aider quelqu’un à conserver son témoignage chrétien pendant qu’il est malade. Deuxièmement, nous devons reconnaître que, peu importe la situation physique qui prévaut, le rôle de l’Église est d’offrir ce qu’aucune autre organisation dans le monde ne peut ou ne veut offrir, à savoir le baume spirituel qui soulage ceux qui sont découragés et lassés par leurs péchés.

Le conseil de Jacques 5:14, est qu’il faut «appeler les anciens de l’Église.» Pourquoi? Que peuvent-ils faire? Il faudrait plutôt demander: «Que doivent-ils faire?» Autrement dit, «A quoi Dieu S'attend-Il qu’ils fassent?» L’une des choses qu’ils doivent faire est de «prier pour celui qui est malade,» parce qu’ils savent que dans chaque situation, y compris ce qui se passe sur le plan physique, le plus important est le rétablissement et l'affermissement de la marche de l’homme avec Dieu. On estime que les anciens de l’Eglise ont la sagesse que Dieu seul peut donner, à savoir qu’en tant qu’hommes sauvés, ils cherchent la volonté de Dieu dans toutes choses. Bien que les anciens ne sachent pas quelle issue Dieu réserve à la maladie, ils font confiance à Dieu et prient que celui qui est malade apprenne aussi à se soumettre humblement et à faire confiance à la volonté de Dieu. C’est cette confiance qu’évoque Jacques 4:15: «Si Dieu le veut.» Nous pouvons donc, en gardant cette idée à l'esprit, donner le sens suivant à la première partie de Jacques 5:15: “Si Dieu le veut, la prière de la foi sauvera le malade.»

Celui qui est ancien de l’Eglise souhaite que, comme pour lui-même, le malade compte sur Dieu et s’arme de patience et de confiance. Ainsi, ce verset se rapporte aussi bien aux anciens qu'à celui qui est malade. Les anciens souhaitent que le malade se joigne à eux pour prier Dieu qui fait tout parfaitement. Si celui qui est malade n’est pas sauvé, les anciens doivent prier que Dieu se serve de cette maladie afin qu'il regagne son équilibre spirituel et éventuellement pour qu'il soit sauvé. Si celui qui est malade est sauvé, les anciens doivent prier que Dieu réconforte celui-ci et permette sa guérison, ou alors qu’Il le prenne au ciel avec Lui. Si celui-ci n’est pas malade physiquement, mais plutôt spirituellement, et s’il n’est pas sauvé, les anciens doivent alors implorer la miséricorde de Dieu. S’il est sauvé, les anciens doivent demander dans leurs prières que celui-ci puisse croître spirituellement. Dans tous les cas, les anciens espèrent que leurs prières ainsi que les prières du malade puissent se compléter et s’harmoniser.

Jacques 5:14, déclare que les anciens doivent aussi oindre le malade d’huile. Ce verset sert à renforcer l’idée que celui qui est sur le point de mourir peut, quand il est oint, recevoir des bénédictions spirituelles à la dernière minute. Mais, l’onction dont il est question ici n’a rien à voir avec l’onction physique. En comparant ce verset avec Luc 4:18, nous arrivons à la conclusion qu’oindre est synonyme de proclamer l’Évangile. En tenant compte du rôle spirituel des anciens, nous avons tiré la conclusion que la première responsabilité de ceux-ci est d’annoncer la Bonne Nouvelle à ceux qui sont en proie à une crise. Les anciens doivent apporter l’huile de la joie, le baume spirituel de Galaad qui vient seulement de la Parole de Dieu. Si le malade souffre d’une crise physique, les anciens doivent l’aider à s’examiner pour s’assurer qu’il est sauvé, d’autant plus que sa maladie pourrait indiquer qu’il n’a plus que quelques jours pour se réconcilier avec le Seigneur. Si le malade souffre d’une crise spirituelle, l’Évangile le réconfortera et fera disparaître sa peur et sa dépression.

L’expression «prière de la foi» qui se trouve dans Jacques 5:15, se rapporte surtout aux prières que le malade fait en guise de réponse au message spirituel qui lui est transmis par les anciens, à un moment où il est le plus disposé à contempler des questions d'ordre spirituel, parce qu’il fait face à une crise physique, ou à une crise spirituelle, ou bien les deux à la fois. Le verset 14 invite effectivement les anciens à prier, mais le verset 15 se rapporte à la prière que doit faire celui qui est malade. La partie de phrase «la prière de la foi sauvera le malade» rejoint notre pensée, si nous comprenons que Dieu ne sauve que ceux qui L’implorent, car seulement ceux qui Le cherchent de tout coeur finissent par Le trouver (Jérémie 29:13; Jean 6:37; Hébreux 11:6). Personne n’est sauvé par la prière d’un tiers qui intercède en sa faveur, même si cet intermédaire a l’autorité et la réputation excellentes d’un ancien fidèle. Par contre, chacun doit plutôt prier Dieu pour lui-même pour obtenir la grâce de Dieu en cas de besoin.

Tout en admettant la possibilité que l’homme à qui les anciens rendent visite puisse avoir une maladie physique et une maladie spirituelle, nous devons reconnaître que seule une maladie spirituelle est en vue dans Jacques 5:15. Malheureusement, Jacques 5:15, a été utilisé pour justifier l’idée que les croyants peuvent attendre une guérison physique miraculeuse de la part de Dieu en réponse à leur foi. Cette idée a même fait penser que l’impossibilité pour un homme d’obtenir une guérison physique révèle la faiblesse de sa foi ou des lacunes dans ses prières. Cette affirmation n’est cependant pas etayée par la Bible. Le mot «malade» dans la partie de phrase «La prière de la foi sauvera le malade» n’est pas le même mot que celui utilisé au verset 14. C’est, en effet, un mot qui n’est utilisé que trois fois dans la Bible, ici, dans Hébreux 12:3 («vous ne vous lassiez point»), et dans l'Apocalypse 2:3 («tu ne t’es point ... lassé»). Ce mot signifie plutôt lassitude ou fatigue spirituelle. Cette idée, par conséqant, s'accorde parfaitement avec la phrase «Et le Seigneur le relèvera.» Nous pouvons penser que cette phrase se rapporte au salut lorsqu’on la compare à Colossiens 2:12 et 13; et à Colossiens 3:1; ou à la promesse de la résurrection physique qui aura lieu à la fin du monde lorsqu’on la compare à Jean 6:39, 40, 44, 54; à Jean 11:24 et à II Corinthiens 4:14. Le verset 15 va encore plus loin, en précisant que celui qui est sauvé, qui a la promesse de la résurrection, maintenant, au niveau de son âme, et plus tard, au niveau de son corps, a dû recevoir le pardon de tous ses péchés.

Les versets 14 et 15 peuvent tous les deux signifier que peu importe ce qui peut troubler quelqu’un, on doit faire appel aux anciens pour résoudre les problémes spirituels dans sa vie. S’il tient compte de l’appel de l’Évangile qui lui est prêché, il aura le meilleur remède, il pourra échapper à la condamnation et avoir la vie éternelle à travers le Seigneur Jésus-Christ. Le pardon est la meilleure nouvelle possible que l’on puisse transmettre à celui qui est malade, physiquement et spirituellement. C’est là la guérison que tout homme devrait rechercher. Ce genre de remède dure éternellement. Nous devons ici faire une mise au point pour écarter un certain malentendu. Nous ne voulons pas du tout dire que les anciens ne doivent pas être sensibles ni avoir de la compassion pour les membres de l’Église qui souffrent d’une détresse physique. La question qui se pose en fait est la suivante: «Quelle est la chose la plus importante qu’il faut faire quand quelqu’un est malade, physiquement et spirituellement? Quel est le commandement que Dieu a donné aux anciens?» Une chose est sûre: le mandat des anciens n’est pas de jouer aux médecins. Leur rôle consiste plutôt à aider quelqu’un à relever les défis spirituels urgents auxquels celui-ci est confronté au moment où il vit une crise physique et spirituelle. En fait, c’est justement au moment où on vit une crise physique que les affaires spirituelles prennent une importance tout à fait singulière. Si les anciens ne s'occupent pas spirituellement de quelqu’un, qui d’autre pourra le faire? Peut-être qu’un ami chrétien ou un membre de famille pourra le faire, mais c’est tout de même le devoir d’un ancien d’orienter les gens vers le Seigneur. L’enseignement qui se dégage de ce verset est le suivant: «faites appel aux anciens,» car d’autres feront appel aux médecins.

Le verset 16 développe l’idée qui se dégage des versets qui le précèdent. Le mot grec qui a été traduit par le verbe «confesser» est une combinaison du préfixe «du» (ou «de») et la racine qui signifie «logique.» Nous pouvons donc comprendre le verset “Confessez donc vos péchés les uns aux autres...» au sens suivant: «dites-vous les mêmes choses que Dieu dit à propos de vos péchés.» En d’autres termes, l'enseignement qui ressort du verset 16 n’est pas que nous devons confesser publiquement nos péchés aux autres, ni que nous devons avouer à quelqu’un le péché que nous avons commis contre les autres, surtout s’il s’agit d’un péché secret, et que celui qui est offensé ignore. Ce verset veut dire plutôt que nous devons dire aux autres les mêmes choses que Dieu dit dans la Bible à propos de nos péchés. Nous devons être d’accord avec Dieu en disant comme le publicain: «Je suis pécheur.» Toute déclaration concernant nos péchés doit se faire entre Dieu et Ses enfants têtus. Il y a des péchés intimes que nous devons confesser à Dieu. Et il y a des déclarations dans la Bible concernant les péchés et dont nous pouvons parler publiquement. Toute autre chose conduit à attirer l’attention des autres sur soi, même s’il s’agit des nos péchés, et cela fait ressortir l’orgueil, et non la repentance.

Nous pourrions ajouter que Jacques 5:16, a été utilisé pour renforcer l’idée qu’un homme doit confesser ses péchés à d’autres personnes. En fait, il y en a qui vont beaucoup plus loin, en enseignant que les hommes doivent confesser leurs péchés à celui qui peut, en retour, être leur intercesseur auprès de Dieu. C’est une déformation dangereuse de ce qu’enseigne la Bible (I Timothée 2:5).

L’appel à la prière qui se trouve au verset 16 est semblable à celui dont parle le verset 14. L’objectif visé est la restauration spirituelle des gens, car c’est le sens que nous devons donner au mot «guéris,» tel qu’il est utilisé dans Jérémie 17:14, ou I Pierre 2:24. La partie de phrase «La prière fervente du juste a une grande efficace» qui se trouve à la fin du verset 16 est un commentaire au sujet de cet appel à la prière. Cette phrase ne veut pas du tout dire que les prières de celui qui est un chrétien confirmé sont d’une efficacité exceptionnelle, ou supérieure en quelque sorte aux prières des autres chrétiens.

Les mots «du juste» se rapportent à quelqu’un qui est justifié devant Dieu. Qui est-ce? Tout un chacun qui est sauvé, tout un chacun que Dieu a rendu juste à travers Son Évangile. Celui qui est sauvé désire de tout coeur que la volonté de Dieu se fasse. Tout en vivant dans un corps charnel pendant sa vie terrestre, il fait des prières imparfaites à cette fin. Mais, dans son coeur et dans son âme, celui qui est sauvé prie avec persévérance que la volonté de Dieu se fasse. Un fait est certain: la volonté de Dieu se fait toujours. Par conséquent, le verset 16 est en train de dire qu’un croyant, tout croyant, a les mêmes intérêts spirituels que Dieu envers les autres, et ses prières centrées sur des thèmes spirituels auront effectivement une réponse qui dépend de la manière et de la durée qui, dans l’un ou l’autre cas, restent à la discrétion de Dieu qui est chargé de la réalisation de Son plan spirituel pour tout le genre humain. Pour certains hommes, ce plan comprend le salut, qui, au plus haut degré, est un plan qui a «une grande efficacité.»